Approche des concepts de professionnel et de professionalisation 

Thèse de doctorat de psychologie soutenue à l'université Lyon 2 en 1997 au LEACM (Laboratoire d'Etude et d'Analyse des Comportements et Motivations) sous la direction du Professeur Robert Martin. 
Editions Thèse à la carte, 500 pages
prix 44,97 euros
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Objectif, résumé : Cette thèse avait pour but d’analyser les changements intervenus dans le monde du travail après les années 80 en prenant en compte la révolution informatique, l’introduction de la théorie des systèmes dans les organisations et la mondialisation. En lien direct avec ces évolutions, les publications de l’époque, qu’elles soient sociologiques, politiques ou managériales, s’accordaient pour en déduire une révolution à introduire dans la notion de compétence, en insistant sur les dimensions personnelles de cette dernière. Avec les grilles de lecture de la psychologie, j’ai voulu approfondir ce qui pouvait être compris par « dimensions personnelles », dans l’intention de clarifier si la compétence relève de la psychologie ou bien si elle se limite à un échange social entre une prestation et une rétribution avec tous les enjeux qui existent autour de cet échange.


Idées principales : Longtemps conçue comme une acquisition de savoirs et de savoir-faire, la professionnalisation se définit naturellement comme l’ensemble des actions qui transforment un individu en professionnel apte à tenir un rôle dans des configurations professionnelles complexes. Elle consiste à participer à la construction d’une compétence multidimensionnelle.
  La compétence se construit dans l’interaction entre le sujet et son milieu. Elle est la résultante d’une configuration qui met en jeu trois dimensions. La première dimension est constituée par le pôle des savoirs et des savoir-faire. La deuxième dimension est constituée par les schèmes cognitifs qui s’articulent autour de la construction d’un réel complexe. La troisième dimension est constituée par les schèmes socio-affectifs articulés autour de la relation aux autres et à soi-même.


Extrait (page 435) : Dès lors que nous affirmons que la professionnalisation est une approche globale de la formation qui intègre des dimensions auparavant dissociées, deux questions se posent à nous. Il s'agit de l'adaptation d'une part et de la culture générale d'autre part. Dans le troisième chapitre, lorsque nous faisons référence aux inventaires de compétences nouvelles, nous évoquons la flexibilité et l'adaptabilité. La flexibilité est connotée négativement en France où elle est synonyme de compression de personnel et de mobilité géographique. L'adaptabilité n'est pas connotée plus positivement en référence à la bonne à tout faire, modèle, erroné peut-être, du sujet polyvalent par excellence, prêt à tout faire. Dans la relation entre l'individu et le monde du travail, existe depuis la révolution industrielle, une tension entre la collaboration nécessaire pour produire et la sauvegarde des intérêts réciproques, base de la lutte ouvrière. Les sociologues s'inquiètent de la prolifération du concept d'adaptabilité dans lequel ils voient un risque de régression sociale si une attention particulière n'est pas accordée à la protection de l'homme au travail. C'est sans doute qu'il faut distinguer le processus d'adaptation, rendu nécessaire par les bouleversements intervenus dans les modes de production et l'usage ou l'abus qui pourrait en être fait par des employeurs indélicats. Au 19ème siècle, une bonne à tout faire était dans ce sens-là adaptable. Ce qui signifiait qu'elle devait faire toutes les tâches, accepter tous les horaires, accepter l'insécurité de l'emploi, être disponible, avoir le sens du service. Ce qui peut faire la différence entre la bonne à tout faire et le professionnel d'aujourd'hui et encore plus de demain, c'est la reconnaissance de compétence, c'est le zéro mépris comme le dit H. Sérieyx et la solidarité, l'éthique en somme. Si l'obligation de s'adapter est valable pour tous, il n'y a pas des individus privilégiés, protégés, qui bénéficient de l'effort surhumain engagé par les autres. Il importe que les individus soient payés de leurs efforts par un gain d'autonomie, de confiance, d'affirmation individuelle et d'épanouissement, par un gain de socialité. Comptant sur la sociologie du travail pour mettre des garde-fous à l'exploitation du salarié au nom de la sacro sainte adaptabilité, nous gardons notre regard de psychologue pour proposer une conception de l'adaptabilité en lien avec le processus d'adaptation sur lequel nous nous sommes appuyée pour aborder la construction de la compétence. L'adaptabilité est, selon nous, une conduite observable, conséquence d'un processus psychologique d'adaptation. L'adaptabilité serait une manifestation de l'adaptation, une adaptation en actes. C'est la capacité à mettre en œuvre le processus d'adaptation, articulé autour de l'assimilation et de l'accommodation. Les dimensions cognitive et socio-affective de la compétence sont le substrat sur lequel prend appui l'adaptation du sujet à son environnement.

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